Qui se cache derrière la violence des colons en Cisjordanie occupée ?
Les groupes de colons en Cisjordanie sont animés par une idéologie religieuse et nationaliste radicale prônant l'expansion des colonies, l'expulsion des Palestiniens et l'affirmation de leur domination sur ce qu'ils appellent "Judée et Samarie". Bien que leurs structures et méthodes diffèrent, ils partagent l'objectif d'ancrer la présence des colons, de chasser les Palestiniens de leurs terres et de contrer tout processus politique susceptible de freiner l'expansion des colonies, jugées illégales par le droit international. Plusieurs de leurs dirigeants sont liés à des réseaux de rabbins et d'activistes de droite qui leur servent d'autorités idéologiques et religieuses. Certaines colonies et avant-postes servent également de bases pour lancer des attaques contre les Palestiniens. Ces groupes ne fonctionnent pas indépendamment de l'expansion des colonies ; ils bénéficient d'un environnement politique, juridique et sur le terrain qui renforce leur présence, comme en témoigne le nombre croissant d'avant-postes et de projets d'expansion des colonies.
Parmi les groupes de colons violents les plus en vue en Cisjordanie, on trouve les "Hilltop Youth". Ce réseau décentralisé est principalement composé de jeunes juifs âgés de 15 à 20 ans vivant dans des avant-postes et des fermes pastorales disséminées sur les collines. Certains membres ont été expulsés d'établissements éducatifs, tandis que d'autres proviennent de familles religieuses influentes, y compris celles de rabbins et de leaders colons. L'émergence de ce groupe est politiquement liée à un discours prononcé par l'ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon, alors ministre des Affaires étrangères, le 16 novembre 1998, dans lequel il exhortait les colons à "s'emparer des collines" pour étendre leur contrôle sur le territoire, ce qui était largement perçu à l'époque comme une tentative de saper le processus de paix et la mise en œuvre de l'accord de Wye River.